La controverse des cellules souches embryonnaires

Catholicisme

Les quelques paragraphes qui suivent expliquent les avis des différents acteurs retenus par rapport à la controverse autour des cellules souches et de l’embryon lui-même. Cependant, concernant la religion catholique, on peut retenir un avis plus général qui dénonce la recherche sur l’embryon et la destruction des embryons comme quelque chose d’immoral et d’inacceptable. L’embryon est en effet considéré comme un être humain dès les premiers instants de sa conception, que ce soit dans l’utérus de la femme ou non. L’utilisation d’embryons pour la recherche et la destruction qui en découle inévitablement résultent donc en quelque sorte en un meurtre.

Mgr. Pierre d’Ornellas

Mgr.Pierre d'Ornellas

Pierre d’Ornellas est un évêque catholique français, archevêque de Rennes, Dol et Saint-Malo depuis 2007. Il se prononce souvent à propos de questions bioéthiques, et ce particulièrement via des articles postés sur le Blog Bioéthique, blog édité par le groupe de travail des évêques sur la bioéthique. On y trouve de nombreux billets rédigés par lui et une catégorie particulière concernant le statut de l’embryon. Il considère qu’il y a d’autres recherches en cours qui peuvent être tout aussi prometteuses, notamment celles sur les cellules souches adultes. De plus, il dénonce un certain non-dit de la part des scientifiques, que serait le risque cancérigène de ces cellules souches embryonnaires. Il estime que l’embryon n’est pas une chose, et que maintenir une interdiction a priori, c’est continuer de protéger l’humanité de la société, c’est continuer de laisser à l’humain la priorité. Autoriser par principe la recherche sur l’embryon humain relèverait de l’utilitarisme et enlèverait l’aspect humain d’un embryon. Ce serait, selon lui, clairement une régression. Lorsque le Sénat a proposé une loi levant d’interdiction a priori (décembre 2012), un des arguments était le retard scientifique de la science dans ce domaine. Or, selon l’archevêque, le progrès scientifique français ne dépend pas de l’avancée dans ce domaine.

Cardinal Vingt-Trois

Cardinal 23

André Vingt-Trois est un cardinal catholique français. Il est archevêque de Paris et a été président de la Conférence des évêques de France (CEF) de 2007 à 2013. Lui aussi s’exprime quant à la controverse autour des cellules souches embryonnaires. De la même manière que Mgr. Pierre d’Ornellas, il s’oppose à l’utilisation et la destruction de l’embryon humain dans un but de recherche. Dans une interview du 23 mars 2012 sur Radio Notre-Dame, il définit la possibilité d’autoriser la recherche sur l’embryon comme une « erreur grave par rapport à l’équilibre de notre société » car ce serait considérer que « l’embryon n’est rien d’autre qu’un matériau de laboratoire ». Selon lui, il s’agirait là d’une double erreur, puisque non seulement, ce serait compromettre le statut humain de l’embryon, mais de plus, ce serait une erreur d’investissement puisqu’il n’y a, à l’heure actuelle, encore aucun protocole d’essai quant à l’utilisation de ces cellules souches embryonnaires pour soigner des maladies nerveuses ne voit le jour,  et que cela ne semble être qu’une promesse. De plus, d’autres pistes de recherches beaucoup plus prometteuses sont à des stades d’expérimentations plus avancés. Selon lui, le combat n’est « qu’un combat d’arrière-garde qui ne se livre que pour contester la valeur intrinsèque de l’embryon. Toujours selon le Cardinal, « il n’y a pas de justification scientifique avérée, et donc c’est une tromperie à l’égard des gens de leur faire croire que, grâce à ça, ils vont avoir des traitement pour Alzheimer, Parkinson, … Ca n’aboutira pas ». 

Mgr.Gérard Defois

Mgr.Gérard Defois

Gérard Defois est également un évêque catholique français, archevêque de Paris et fait lui aussi partie du groupe de travail des évêques sur la bioéthique. Son nom est repris ici principalement en raison de l’article qu’il a écrit en réaction à la décision prise aux Etats-Unis de lever l’interdiction de la recherche sur les embryons. En voici un passage qui reprend ses principales inquiétudes suite à cette décision:

  • Peut-il être raisonnable de vouloir qualifier et développer des services de santé pour tous et de privilégier unilatéralement par des choix financiers imposants des travaux aux contours si incertains et contestés ? D’autant qu’une partie de la population ne pourra accéder à des thérapies si onéreuses aux États-Unis.
  • La raison politique est ici évidente :prendre le contre-pied de George Bush et récupérer un électorat et même une partie libérale du monde scientifique.
  • Lorsque le Docteur George Daley, chercheur à l’institut de Harvard sur les cellules souches ose clamer : « Je me sens vengé après huit années de lutte et je sais que cela stimule mon équipe de recherche », il dévoile ainsi le caractère militant de sa recherche et ce combat culturel est loin d’une rigueur scientifique qui sied à un tel objet. Nous sommes en pleine mythologie scientiste censée justifier toute expérimentation au nom de l’avancée de la science, rejetant dans la marge toute considération morale et spirituelle.
  • Et le mythe scientiste poursuit son cours quand on célèbre comme le Président Obama semble le proposer dans une cérémonie cette libération des impératifs et des valeurs qui donnent un socle éthique à une société.
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