La controverse des cellules souches embryonnaires

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La controverse depuis ses débuts

La controverse sur les cellules souches embryonnaires n’est pas quelque chose qui date d’hier. En effet, le débat s’ouvre petit à petit dès le tout début des années 1980, lors de la découverte par Martin Evans et son équipe des cellules souches embryonnaires chez les souris. Les premières expérimentations débutent alors et c’est en 1986 que naissent les premières souris à partir de cellules souches embryonnaires.

Très vite et surtout avec le développement des technologies de fécondation in vitro, la réflexion sur l’embryon lui-même s’accentuent et les premières lois de bioéthique à ce sujet se développent. Face à l’inquiétude de ces nouvelles découvertes et aux conséquences qu’elles pourraient avoir, les lois interdisent toute recherche sur des embryons. C’est donc à peu près à la même époque qu’on voit interdire la recherche en France et aux Etats-Unis. En France, en 1994, la loi de bioéthique interdit toute recherche sur les embryons, et aux Etats-Unis, c’est en 1995 qu’est signé l' »amendement Dickey-Wicker » qui interdit l’octroi de fonds publics pour la recherche sur les embryons.

SEC. 509. (a) None of the funds made available in this Act may be used for–

     (1) the creation of a human embryo or embryos for research purposes; or
     (2) research in which a human embryo or embryos are destroyed, discarded, or knowingly
     subjected to risk of injury or death greater than that allowed for research on fetuses in utero
     under 45 CFR 46.208(a)(2) and Section 498(b) of the Public Health Service Act (42 U.S.C.
     289g(b)) (Title 42, Section 289g(b), United States Code).
(b) For purposes of this section, the term « human embryo or embryos » includes any organism, not protected as a human subject under 45 CFR 46 (the Human Subject Protection regulations) . . . that is derived by fertilization, parthenogenesis, cloning, or any other means from one or more human gametes (sperm or egg) or human diploid cells (cells that have two sets of chromosomes, such as somatic cells).

Les progrès continuent et c’est en 1998 que J.A. Thomson découvre les cellules souches chez l’embryon humain. Cette découverte est très prometteuse puisque les cellules souches embryonnaires humaines sont des cellules pluripotentes, c’est-à-dire qu’elles peuvent se différencier en n’importe quel tissu humain. Elles peuvent donc être utilisées pour réparer ou remplacer des tissus endommagés, et c’est bien là tout l’intérêt de la recherche!

Petit à petit, les lois semblent « s’adoucir » quelque peu et l’on voit, en 2004, la révision de la loi bioéthique française qui autorise  alors des dérogations pour des cas spécifiques « susceptibles de permettre des progrès thérapeutiques majeurs » et s’il n’existe pas de « méthode alternative d’efficacité comparable ». Aux Etats-Unis, c’est en 2009 que le président Barack Obama décide d’annuler l’ordre exécutif qui ‘interdit le financement de la recherche.

Ensuite, il semblerait que les choses s’accélèrent et le premier patient traité  grâce à l’utilisation de cellules souches embryonnaires l’est en 2010. Il s’agit d’un patient atteint de paralyse chez lequel on a remplacé les cellules nerveuses touchées par des cellules souches embryonnaires.

Un des derniers rebondissements des plus surprenants qui a lieu s’est déroulé en décembre 2012. Le sénat français décide de proposer une loi autorisant la recherche sur les embryons humains ainsi que sur les cellules souches embryonnaires, sans plus qu’aucune précaution ou régime d’exception ne soit mis en place. La loi a été analysée le 28 mars 2013 et soumise à un vote solennel, à l’issue duquel la loi n’a finalement pas été adoptée.

A l’heure actuelle, il faut savoir que certains projets de recherche se concentrent sur les cellules souches adultes qui pourraient, elles aussi, permettre la réparation de certain tissus humains. Ces découvertes pourraient donc ouvrir de nouvelles possibilités, d’autant que l’utilisation de cellules souches adultes ne provoquent la destruction d’aucun être vivant, et que la question est donc beaucoup moins sensible que celle à propos des embryons.

Pour plus de facilité ou de synthèse, il est également possible de visualiser la temporalité de la controverse ici avec, pour les événements marquants, un lien renvoyant à une page de ce site et expliquant le rôle de l’acteur en question.

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